Rien de tel pour se reconnecter à la nature et savourer les petits frissons de l’air frais (6°C ce matin !) qu'une rando ou une séance de bûcheronnage...
Ce matin, je laisse épaules et bras se reposer, on verra la semaine prochaine pour faire tourner les tronçonneuses.
Direction le Tilloy.
Pixelle trottine toujours devant, le museau en alerte et les oreilles dansantes.
Au loin, on entend des coups de fusil, la saison de la chasse a repris, pas question de la laisser s’aventurer trop loin de nous.
Sous le soleil d'automne, la cime des arbres s'embrase, marcher sous cette voûte, c’est comme traverser un tableau vivant. C'est beau, pas spectaculaire, juste vrai, un petit moment de bonheur à deux, accompagnés de notre fidèle Pixelle.
Les arbres se parent de leurs couleurs automnales.
A gauche de notre chemin se dresse la majestueuse basilique, tandis qu'à droite, dissimulé dans une oasis de verdure, jaillit le sommet de notre clocher qui brille dans une belle lumière matinale.
Elles ont fait une halte pour la nuit, Annette les a aperçu hier après midi, tournoyer au dessus du grand pré en face du château et c'est ce dimanche matin que le ciel de Remaucourt s’est animé d’un départ majestueux.
Une volée de cigognes blanches s’est élevée dans les airs après avoir passé la nuit perchée à la cime de grands arbres, notamment sur le grand saule pleureur, rue des prés, offrant aux habitants présents une scène aussi rare que poétique.
Ce comportement témoigne d’une étape cruciale dans leur migration vers l’Afrique. En cette fin d’été, les cigognes quittent leurs sites de nidification européens pour rejoindre des zones plus clémentes. Elles entament leur longue migration vers l’Afrique, parcourant parfois plus de 10 000 kilomètres.
Leur escale dans le village, le temps d’une nuit de repos, souligne l’importance de ces haltes naturelles sur leur long périple.
Témoin privilégié, (merci Christian P pour l'info) j'en ai profité pour capturer l’instant, les voir là, paisibles dans les arbres, puis s’élancer dans le ciel au petit matin… c’est une émotion difficile à décrire. On sent que la nature nous offre quelque chose de précieux.
Le départ des cigognes laisse derrière lui une trace de beauté fugace, un rappel du lien fragile entre les saisons, les territoires et les espèces.
Vers la fin des grandes migrations ?
Peut-être qu’un jour, les cigognes ne seront plus les grandes voyageuses qu’elles étaient.
Le réchauffement climatique bouleverse les équilibres naturels, et les comportements migratoires des oiseaux sont parmi les premiers à en témoigner.
Les cigognes, traditionnellement migratrices vers l'Afrique subsaharienne, commencent à raccourcir leurs trajets. Certaines s'arrêtent en Espagne ou au Maroc, voire restent en France, notamment dans le sud-ouest.
Les pigeons ramiers, autrefois migrateurs, sont de plus en plus sédentaires. Les hivers moins rigoureux leur permettent de trouver nourriture et abri sans partir.
Des bernaches du Canada acclimatées... dans le pré proche de la Somme.
Sur le chemin du retour, sous les ardents rayons du matin, les graminées blondes deviennent des flambeaux qui semblent vouloir nous guider au travers des champs, heureusement, Pixelle ne s'y aventure pas, danger épillets.
C'est le compte à rebours avant la moisson ! le colza, avec ses grappes de siliques qui se resserrent, montre bien qu’il est presque prêt. Les tiges se dressent encore fièrement sous le soleil, mais bientôt ce sera le ballet des moissonneuses.
Le bonheur de voir son chien courir, infatigable, la truffe au vent.
Une libellule sur le chemin, aux ailes translucides ne fait que passer, certainement à la recherche d'un point d'eau, le Noirieu et la Somme ne sont pas loin.
Partir dès l’aube, quand la température est encore raisonnable, c’est savourer un moment de pure tranquillité avec notre chère Pixelle. Ce matin-là, l’air était doux, porteur de cette fraîcheur éphémère que la chaleur caniculaire attendue, effacerait bientôt.
La randonnée débutait à peine, quand au détour du chemin, là, nichée dans le creux d’un chêne, une silhouette immobile à peine visible. Une chouette effraie.
La chouette effraie (ou Tyto alba), surnommée aussi dame blanche, est l’un des rapaces nocturnes les plus emblématiques et mystérieux d’Europe.
Son plumage ivoire se confondait presque avec l’écorce de l'arbre, seules ses prunelles sombres trahissaient sa présence. Elle observait, paisible et énigmatique, comme un gardien silencieux du chemin.
Ce genre de rencontre inattendue donne tout son sens à nos randonnées, appareil photo à la main: elle rappelle que la beauté se niche dans les détails, pour peu qu’on sache ralentir, regarder, écouter. Une rando au lever du jour, c’est plus qu’une sortie nature, c’est un rendez-vous avec l’essentiel.
Dommage, les aboiements de Pixelle l'ont délogée de son perchoir.
Le lac de Longemer "miroir aux 1000 reflets", est un lac naturel d'origine glaciaire traversé par la Vologne, situé au pied du massif de la montagne vosgienne (76ha de surface) qui offre une luminosité changeante. Si vous aimez les paysages qui en mettent plein la vue, le lac de Longemer est un passage obligé.
Paradis des pêcheurs, on peut également y profiter de la promenade pédestre et de la baignade. Très préservé et situé dans un site classé, il est l'un des trois plans d'eau de la Vallée des Lacs. Un sentier pédestre balisé permet de parcourir le tour du lac en 1h environ.
Située au bord du lac, la petite chapelle Saint-Florent est construite vers 1449 par les dames Chanoinesses de Remiremont afin de perpétuer la mémoire de Bilon, officier de Gérard d’Alsace devenu ermite et résidant en 1056 au lieu dit nommé à ce jour "la butte Bilon". Tombée en ruine elle est reconstruite en 1727 et dédiée à Saint-Florent par un évêque de Strasbourg.
Certains pensent qu’elle veille sur les âmes du château englouti. Selon la légende "il était une fois, un château et son seigneur pas franchement connu pour sa générosité. Un soir d’orage, un voyageur trempé jusqu’aux os demande refuge. Le seigneur, fidèle à lui-même, le vire sans ménagement. Sauf que voilà, c’était pas un touriste lambda.
Dans la nuit le ciel se fâche, l’orage éclate, la terre tremble et au matin, plus de château, à la place, un lac immense. Moralité : toujours être sympa avec les inconnus mouillés.
Depuis, certains racontent que par temps brumeux, on entend encore des voix remonter du fond de l’eau… Vous pouvez toujours aller vérifier, mais si vous commencez à entendre des chuchotements, c’est peut-être juste le vent (ou pas).
La chapelle Saint-Florent à l'arrière plan de la photo, dissimulée dans son écrin de verdure.
Fleurs sauvages rencontrées sur le sentier.
La renouée bistorte:
Plante vivace comestible de la famille des renouées (Polygonacées) qui pousse dans les prairies de montagnehumides et dans les forêts alluviales (inondées par des cours d’eau). Le regard est tout de suite attiré par les épis cylindriques de fleurs roses que l'on voit danser au vent.
La digitale pourpre:
Digitalis purpurea, ou digitale pourpre, est une plante herbacée bisannuelle appréciée pour ses grandes hampes florales couvertes de fleurs en clochettes, souvent roses ou pourpres. Cette plante, bien que décorative, est toxique et utilisée en pharmacologie pour ses propriétés cardiotoniques.