Le thermomètre affichait 37° hier en fin d'après-midi.
Au petit matin, le contraste est saisissant. Les potirons, ragaillardis par une baisse timide des températures avant l’aube, affichent une vigueur insolente. J'avance lentement vers le potager, le pas encore englué dans la fatigue.
Mes potirons ont profité d’une nuit moins "tropicale"; au matin, eux rayonnent… moi, je fais semblant.
À mes côtés, Pixelle effectue sa première sortie du jour. Elle aussi a passé la nuit à même le carrelage, cherchant désespérément un peu de fraîcheur. Son trottinement habituel est là, mais son regard raconte la même histoire que celui de son maître : une nuit trop chaude, trop longue, trop immobile.
La végétation, manifestement, a mieux dormi que les habitants de la maison, et nous voilà repartis pour une énième journée caniculaire...
Tomates vertes au jardin : un mystère qui a sa réponse.
Cette année, il faut bien l’admettre : nos tomates prennent leur temps pour mûrir. Beaucoup trop de temps. Elles restent vertes, fermes, presque fières… comme si elles avaient décidé de fêter Noël avant de rougir. Et pourtant, ce n’est pas la faute d’un été timide bien au contraire.
Elles sont là, bien dodues, bien accrochées… mais toujours vertes, et pourtant, fin juillet, on s’attendrait à en cueillir à la pelle.
Alors, qu’est-ce qui se passe cette année ? Rien ne rougit. Tout semble figé. La réponse est dans la météo.
20 pieds de tomates qui attendent de mûrir !
Depuis plusieurs semaines, une grosse vague de chaleur a frappé la majorité des régions.
Une canicule brutale, avec des températures qui dépassent parfois les 35°C plusieurs jours de suite.
Pour les tomates, le processus de maturation dépend beaucoup de la température.
Il faut :
• Une température chaude en journée mais pas trop : autour de 25°C.
• Une température qui baisse en-dessous de 20°C la nuit, dans l'idéal 15°.
• Et une petite hormone magique : l’éthylène, que le fruit fabrique lui-même.
Cette substance, c’est elle qui donne le top départ de la transformation.
C’est elle qui fait virer les fruits du vert au rouge, qui adoucit la chair, qui concentre les sucres et les arômes.
Mais quand la plante a trop chaud, elle stoppe tout.
Elle entre en mode survie, plus question de continuer à faire mûrir ses fruits et ce qui est le plus déroutant, c’est que même quand la canicule est passée, le redémarrage est lent.
Il faut parfois deux à trois semaines de températures plus douces pour que l’équilibre revienne.
La plante a besoin de temps pour relancer la machine.
Heureusement tout n’est pas fichu, il faut juste prendre son mal en patience.
Les tomates rougiront, c'est une certitude. D’un coup, parfois, comme si elles avaient tout gardé en réserve.
Et quand ça repartira… bonjour la surproduction !
Il faudra suivre le rythme pour tout cueillir.
Au fond, ces tomates vertes ne sont pas un caprice du potager, mais simplement le reflet d’un été trop brûlant pour elles. La chaleur les a mises en pause, comme figées dans un temps suspendu.
Espérons que la nature saura reprendre son souffle : dès que les températures redeviendront plus douces, elles se remettront en route. Et alors, le jardin nous offrira enfin ce rouge tant attendu généreux, abondant.
Avez-vous déjà mangé une tomate poussée en pleine terre ? une vraie, une qui a vu le soleil, la pluie, le vent… ça n’a rien à voir avec ces pauvres tomates standardisées qui arrivent en barquettes, calibrées comme des pièces détachées.
Elle a cette chair dense, juteuse sans être aqueuse, qui se tient et qui fond à la fois. Quand vous la croquez, il y a d’abord ce sucre naturel, rond, généreux… puis une petite pointe d’acidité qui réveille tout.
Pourvu qu'elles mûrissent enfin...
Les petites mains de Giulia avaient bien du mal à porter les deux plus belles (541gr et 887gr pour la plus grosse)
À Remaucourt comme dans tout le pays, l’été 2026 s’annonce comme l’un des plus difficiles pour les jardiniers. À la veille d’une quatrième canicule consécutive, mes réserves d’eau sont déjà toutes à sec,les sols craquelés, et les cultures sous tension. Une situation qui, loin d’être exceptionnelle, semble désormais s’installer durablement.
Depuis le mois de mai, la chaleur parfois extrême a frappé de manière inhabituelle.
Malgré un paillage systématique avec les tontes de gazon (rien ne se perd) au pied des légumes, la terre n’a pas réussi à conserver l’humidité. Les plantes ont souffert d'un manque d'eau chronique malgré les arrosages, aggravé par souvent un fort vent et des températures qui brûlent littéralement les feuilles et les fruits. Les salades et les tomates, en particulier, ont été touchées. Les fleurs de tomates tombent, complètement séchées, un moyen pour le pied de se préserver en limitant son développement.
Pour sauver ce qui pouvait encore l’être, il a fallu arroser intensément, presque quotidiennement. Un effort qui a permis de préserver une partie de la récolte, les pommes de terre Monalisa, les tomates et les courgettes ont résisté, mais au prix d’une consommation d’eau qui n’est plus tenable. Et pourtant, nous ne sommes pas encore fin juillet...
Tomates cerises ou devrais-je dire tomates petit pois. On ne peut pas faire plus petit !
Elles en ont consommé de l'eau les courgettes !
Autour du jardin, le constat est le même : pelouses grillées, massifs affaiblis, plantes ornementales en souffrance sauf les lavandes, pas besoin d'eau et la chaleur ne leur fait pas peur. Le jardin a pris l’apparence d’un paysage de fin d'été caniculaire.
Face à cette situation, beaucoup envisagent désormais des solutions autrefois réservées aux professionnels : installer des ombrières sur l’ensemble du jardin pour protéger les cultures des rayons directs du soleil. Une idée qui, il y a quelques années, aurait semblé excessive, mais qui devient aujourd’hui une piste sérieuse pour continuer à jardiner.
Ombrière de fortune installée sur un potager luxurant au Bénin. (Photo: Humy organisation caricative en Afrique)
Cette crise du jardin se reflète aussi sur les étals des commerçants. Les fruits et légumes sont de plus en plus chers, conséquence directe des pertes maraichères, des restrictions d’eau et des récoltes affaiblies. Et malgré ces prix en hausse, la qualité baisse avec des tomates farineuses sans goût, des courgettes molles, des fruits cueillis trop tôt pour éviter les brûlures... Les consommateurs que nous sommes, paient davantage pour des produits qui ont eux aussi subi la violence du climat.
Une certitude demeure : la terre change, et ceux qui la cultivent doivent désormais composer avec un climat qui ne laisse plus de répit. L'été 2026 apparaît comme un signal d'alarme. Une année compliquée, qui risque de se reproduire régulièrement avec le réchauffement climatique.Il nous faudra repenser nos pratiques, adapter les cultures, et peut-être réinventer entièrement notre manière de jardiner.
"Auprès de mon arbre, je vivais heureux…" chantait Brassens.
Une image simple: celle d’un homme et son chien qui trouvent refuge, fraîcheur et paix sous une ramure dense. En ces jours de canicule, cette image n’a jamais été aussi vraie.
Sous le houppier luxuriant du cerisier, la chaleur recule. L’air devient respirable et la lumière se tamise. Quand la ville brûle, quand le bitume renvoie la chaleur comme un four, l’arbre devient un refuge vital.
Nos villes ont trop longtemps sacrifié l’ombre au profit du béton. Résultat : des îlots de chaleur, des rues invivables, des nuits qui ne rafraîchissent plus. Planter un arbre, c’est offrir de la fraîcheur, de l'air plus pur, de la biodiversité. Un arbre, c’est un climatiseur naturel, silencieux, gratuit, et infiniment plus beau qu’une dalle de bitume.
Notre cerisier nous procure ses fruits, son ombre, le jeu des petits enfants dans sa cabane, ses feuilles mortes pour le compost…
Et pourtant, aimer les arbres n’interdit pas d’aimer le bois. Beaucoup, comme moi, aiment couper du bois l’hiver, sentir l’odeur de la sciure, entendre le craquement sec d’une bûche qui se fend. Mais il y a une manière de le faire qui ne trahit pas la forêt : en prélevant les houppiers abandonnés, les branches laissées par les bûcherons car jugées peu rentables, ou encore les arbres tombés sous la tempête.
Qui aurait cru qu'un bruit de moteur et des gerbes de copeaux pouvaient procurer autant de plaisir ? Je ne coupe pas pour couper. Je coupe pour entretenir, pour valoriser, pour nous chauffer sans ...
S’asseoir à l’ombre d’un arbre, respirer, écouter le vent dans les feuilles… Ce bonheur-là, simple et essentiel, devrait être au cœur de nos villes et de nos vies. Car au pied de nos arbres, nous vivons mieux. Et peut-être même, comme le chantait Brassens, un peu plus heureux.
Notre cerisier nous a été offert par mon père, aujourd’hui disparu, pour la naissance de notre fils aîné, il y a maintenant 46 ans. Depuis, il a grandi avec nous, comme un membre de la famille. Chaque fois que nous nous installons sous sa ramure pour un barbecue ou un moment de détente, il nous ramène naturellement à l’un et à l’autre : à mon père, qui l’a planté dans notre vie, et à notre fils, qui a grandi à son ombre.
Survoler la baie de Somme en hélicoptère… quel moment incroyable ! Mon vol avait déjà été reporté une fois, à cause de mauvaises conditions météorologiques. Un SMS reçu la veille me confirmait que cette fois, c'était la bonne.
Dès les premières secondes, l’excitation m'envahit. Le bruit assourdissant de la turbine et des pales de l'appareil fouettant l'air si fort, c'est le cœur battant, les yeux grands ouverts que je décollais sous un ciel spectaculaire : de gros nuages sculptaient la lumière, le soleil perçait par endroits, et même une petite pluie passagère venait ajouter du relief à ce tableau vivant.
Là-haut, la baie de Somme se révèle autrement. Ombres et lumières dansent sur les étendues, les couleurs changent à chaque seconde, et l’hélico glisse au-dessus de ce décor grandiose. Un sentiment de liberté totale, presque irréel.
Ce vol formidable, je le dois à un cadeau d’anniversaire qui restera gravé dans ma mémoire. Un immense merci à ma petite femme pour cette surprise magique ainsi qu' à ma fille adorée pour son aide technique dans l’organisation de la surprise. Grâce à vous deux, j’ai vécu un moment unique, suspendu entre ciel et terre, une aventure que je n'oublierai pas.