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la vie aux champs

Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.

Publié le par Bruno

Les bernaches: des voisines fidèles entre Somme et étangs.

Depuis quelques jours, un rituel aérien anime le champ déchaumé derrière la maison. Matin et soir, on entend leur cri grave, un peu trompeté qui résonne au-dessus des toits, des bernaches du Canada passent en formation, venant des étangs de Fonsomme pour rejoindre ceux du château dans le village. Leur trajectoire semble désormais bien établie, comme si elles avaient adopté notre coin de campagne en guise de territoire.

Photos d'archives 2021 et courte vidéo de passage (à visionner en HD)
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Le champ déchaumé leur offre le couvert grâce au blé tombé lors de la moisson et un abri dans les chaumes restés en place. Juste à côté, la Somme leur apporte l’eau fraîche où ils peuvent se baigner, lisser leurs plumes et retrouver un peu de fraîcheur mais pour combien de temps encore? 

La répétition des canicules depuis mai dernier met inexorablement à sec tous ces points d’eau. Pour l’instant, la situation n’est pas encore dramatique, mais il ne faudrait pas que cela se prolonge trop longtemps avant que la catastrophe ne s’installe.

Entre les étangs de Fonsomme et ceux du château, elles bénéficient encore d’un véritable corridor naturel : un triangle parfait entre nourriture, tranquillité et eau.

Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.

Au printemps déjà, j'avais eu l’occasion de photographier de nombreux oisons derrière le château, en bord de Somme. Une petite troupe de duvet blond-gris, trottinant maladroitement derrière les adultes, preuve éclatante que les bernaches ne font pas que passer : elles nichent, élèvent leurs petits, et reviennent année après année.

Voir des oisons est un signe fort : cela signifie que les bernaches considèrent le secteur comme un habitat sûr, propice à la reproduction. Leur fidélité au lieu n’est donc pas un hasard.

Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.

La bernache du Canada est un oiseau magnifique, puissant et élégant. Son plumage brun chocolat contraste avec sa poitrine claire, presque crème. Sa tête noire est ornée d'une tache blanche sur les joues, un masque distinctif qui la rend immédiatement reconnaissable. Son long cou noir lui donne une allure noble, presque majestueuse.

En vol, les ailes battent avec régularité et leurs silhouettes forment un V impeccable, symbole de coordination.   

Au sol, elle avance d’un pas tranquille, presque cérémonial. Elle picore, surveille, communique par de petits grognements ou des appels plus sonores. En groupe, elles forment une société organisée, où chaque individu semble savoir exactement ce qu’il doit faire.

Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.

Le champ derrière la maison, habituellement silencieux, se métamorphose en scène vivante. Les chaumes dorés deviennent un tapis où les bernaches se reposent, se nourrissent, se regroupent. Leur présence apporte une touche de nature sauvage.

On se surprend à les attendre, à écouter leur passage du matin, à guetter leur retour du soir. Elles sont devenues des voisines, des repères sonores et visuels dans le paysage.

Tout semble l’indiquer que la douceur des hivers, la proximité de l’eau, l’abondance de nourriture, et surtout la présence d’oisons au printemps. Peut-être ont-elles simplement décidé que ce coin de Somme leur convenait mieux que les longs voyages migratoires.

Une interrogation qui ajoute encore un peu de poésie à leur présence.

Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.

Au lever du jour, un faon était couché au soleil dans le dérayage du champ, tout près de la maison. Il profitait encore de la fraîcheur avant que la chaleur caniculaire ne prenne le dessus. La nature offre des scènes splendides.

Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
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Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.

Publié le par Bruno

Inspection matinale du fossé anti-coulée: un contrôle régulier devenu essentiel depuis 2028.

Depuis la coulée de boue du 11 septembre 2008, un épisode violent qui avait envahi une partie du village et causé d’importants dégâts, la municipalité a instauré une vigilance annuelle autour du champ d’où était parti le torrent de terre, un événement encore très présent dans la mémoire des riverains.

Pour éviter qu’un tel événement ne se reproduise, des travaux d’hydraulique douce ont été entrepris l'année suivante. Le champ a été remodelé à l'aide d'un bulldozer créant une succession d'ondulations pour ralentir le flux et sur sa partie déclive, un large fossé creusé dans la craie sert désormais de zone tampon : il absorbe l’excès d’eau avant qu’il ne puisse dévaler vers les rues du village. Un aménagement simple, mais efficace, qui repose sur une idée claire : ralentir, infiltrer, et protéger.

Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.
Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.

Tous les ans, la commune procède à un contrôle de ce fossé une fois les récoltes terminées. L’objectif est de vérifier son état, repérer d’éventuels dépôts, et décider si un curage doit être programmé. Une routine indispensable pour maintenir la sécurité du village, surtout lors des épisodes pluvieux de plus en plus imprévisibles et pouvant être violents, malgré la sécheresse chronique qui nous touche actuellement.

Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.
Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.

Ce matin, l’inspection prend un air plus léger : c’est l’occasion d’emmener Pixelle, ravie de courir librement dans le champ fraîchement déchaumé après la moisson. Tandis qu'elle explore les sillons, elle flaire les traces de lapins de garenne, nez au sol, concentrée comme une pisteuse. Puis, soudain, un chevreuil surgit entre deux rangs de chaume. Pixelle s’élance, portée par l’instinct et la joie pure de courir. La scène reste sans danger pour le chevreuil, vif et bondissant, garde toujours plusieurs longueurs d’avance, laissant derrière lui une simple traînée d’odeur et un doberman ravi de l’aventure.
 

Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.
Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.
Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.
Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.

Pendant que Pixelle poursuit ses escapades, Marie et moi nous concentrons sur l’essentiel : l’état du fossé creusé dans la craie, sa capacité d’infiltration, les dépôts éventuels, et la nécessité ou non d’un curage. Un rituel devenu indispensable pour protéger le village des ruissellements violents.

Entre vigilance et rigueur, cette visite rappelle que la protection du village est une affaire de constance, de mémoire et de gestes simples répétés année après année. Un rituel discret, mais essentiel, qui mêle prévention, nature, et un moment de liberté pour Pixelle dans notre superbe cadre de vie.

Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.
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Quand l’été chauffe plus que le bois de l’hiver.

Publié le par Bruno

Quand l’été chauffe plus que le bois de l’hiver.

Je ne sais pas si le prochain hiver sera froid… mais vu les 17 stères que Marie et moi venons de rentrer tranquillement, "grosse chaleur oblige", sur plusieurs jours et toujours à la fraîche, une chose est sûre : nous n'avons pas eu froid du tout. La canicule s’est chargée de nous chauffer avant même que la cheminée ne s’y mette !

Rangement du bois "au frais" sous le garage !

Rangement du bois "au frais" sous le garage !

Un temps presque idéal pour rentrer son bois.

Un temps presque idéal pour rentrer son bois.

Publié dans Bois, La vie aux champs, Photos

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Moisson en pleine fournaise.

Publié le par Bruno

Moisson en pleine fournaise.
Moisson en pleine fournaise.
Moisson en pleine fournaise.

C'est maintenant autour de la maison que cela se passe, toujours sous la chaleur caniculaire de ce début juillet. La moissonneuse avance avec une efficacité presque chirurgicale, mastodonte d’acier avalant les blés mûrs dans un nuage de poussière. Chaque passage soulève un voile qui se dépose sur les volets, les arbres, une fine poudre qui raconte l’été mieux que n’importe quel calendrier.

Moisson en pleine fournaise.
Moisson en pleine fournaise.
Moisson en pleine fournaise.

Les conducteurs de remorques agricoles comme de la moissonneuse batteuse restent concentrés, professionnels, malgré la fatigue qui s'installe peu à peu au fil des heures et coordonnent leurs machines dans une chorégraphie parfaitement réglée.

Malgré la chaleur écrasante, malgré les heures interminables, ils gardent ce calme précis de ceux qui savent que leur travail compte, que chaque détail peut faire la différence.

Placé aux premières loges pour les photos !
Placé aux premières loges pour les photos !
Placé aux premières loges pour les photos !
Placé aux premières loges pour les photos !
Placé aux premières loges pour les photos !

Placé aux premières loges pour les photos !

Et puis vient le déchaumage de bordure, cette étape discrète mais essentielle. Un tracteur trace une ligne protectrice autour des champs, créant une barrière de terre nue pour que, si un incendie venait à naître dans la fournaise de l’été, il ne puisse pas atteindre les habitations: une vigilance silencieuse, un geste de sécurité pour les riverains.

Moisson en pleine fournaise.

Les andins de paille laissés hier par la moissonneuse seront bientôt pressés en ballots.

Moisson en pleine fournaise.
Moisson en pleine fournaise.

Dans la lumière brûlante, au milieu du grondement des moteurs et du parfum sec des chaumes, on ne peut qu’admirer l’ouvrage accompli. Bravo pour ce beau travail.

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Sous la canicule, la moisson avance coûte que coûte.

Publié le par Bruno

Les machines devraient bientôt arriver.

Les machines devraient bientôt arriver.

La moisson se poursuit à un rythme soutenu aux quatre coins du village, portée par des journées où la chaleur dépasse largement les normales saisonnières. Sous un soleil écrasant, les agriculteurs s’activent pour mener à bien une campagne rendue particulièrement éprouvante par la canicule.

Le Tilloy
Le Tilloy

Le Tilloy

Sur le terrain, les hommes comme les machines sont mis à rude épreuve. Les températures élevées compliquent chaque étape du travail : les moteurs chauffent plus vite, les risques de panne augmentent, et les équipes doivent redoubler de vigilance pour éviter les coups de chaleur. Malgré ces contraintes, la mobilisation reste totale. Les agriculteurs avancent méthodiquement, conscients que la fenêtre météo favorable peut se refermer à tout moment.

Sur Bellecour
Sur Bellecour
Sur Bellecour
Sur Bellecour
Sur Bellecour
Sur Bellecour

Sur Bellecour

Les moissonneuses enchaînent les passages dans les champs dorés, soulevant des nuages de poussière qui accentuent encore la sensation d’étouffement. Les rotations sont rapides, les pauses rares.

Le Tilloy
Le Tilloy
Le Tilloy
Le Tilloy

Le Tilloy

Avec la chaleur extrême, la moisson ne se déroule pas seulement sous la fatigue et la tension : elle s’accompagne aussi d’un risque d’incendie particulièrement élevé. Les épis secs, la poussière en suspension, les moteurs chauffés à blanc et le moindre frottement peuvent suffire à déclencher un départ de feu. Les agriculteurs le savent : en période de canicule, chaque passage de machine doit être surveillé, chaque arrêt contrôlé. Cette menace ajoute une pression supplémentaire à une campagne déjà éprouvante.

Sous la canicule, la moisson avance coûte que coûte.
Sous la canicule, la moisson avance coûte que coûte.

Un constat sans appel : les conditions extrêmes ne sont plus l’exception, mais deviennent progressivement la norme, signes visibles d’un climat qui se dérègle.

Cette évolution, les professionnels la mesurent depuis longtemps. Laurent Cardon, agriculteur à Bellecour et Président de la Chambre d’agriculture de l’Aisne, rappelait récemment que "la moisson était avancée d'une semaine chaque décennie depuis quarante ans qu’il est dans le métier." Une donnée qui illustre, à elle seule, l’accélération silencieuse mais constante des cycles agricoles sous l’effet du réchauffement climatique.

Malgré la pression climatique, la récolte avance, portée par l’expérience et la résilience de ceux qui travaillent la terre.

Bon courage à tous et bonne moisson 2026.
Bon courage à tous et bonne moisson 2026.

Bon courage à tous et bonne moisson 2026.

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