Comme chaque année, les moissonneuses-batteuses sont à l’œuvre dans les champs d'escourgeon depuis déjà quelques jours. La moisson de l'orge d'hiver se termine pour Damien. La chaleur depuis quelques semaines a conduit à une récolte plus précoce dans la plupart des régions.
Aussi, quelle bonne idée ce matin d'avoir croisé la route de la moissonneuse-batteuse de Damien.
Les enfants, (les adultes aussi) sont toujours fascinés par le spectacle créé par ces énormes machines.
Il n'a pas fallu longtemps à Giulia et Enzo pour répondre avec enthousiasme à l'invitation.
Après les confitures de Mai et Juin, c'est au tour des mûres.
Les mûres sauvages sont en avance cette année et se multiplient le long de nos chemins depuis déjà plusieurs semaines. Ce n'est pas moins d'un grand seau cueilli, en un peu plus de deux heures sous un ardent soleil. Cette année, les mûres sont en abondance et à maturité, elles éclatent sous nos doigts, laissant couler un jus foncé, gorgé de sucre.
Il faut bien reconnaitre que leur cueillette n'est pas chose facile. Entre les épines des ronciers, les orties, on entend souvent au détour d'un buisson des "aie" ça pique. Chaussures de rando et vêtements adaptés sont indispensables ainsi que seau et râteau pour atteindre les mûres les plus hautes.
Il est bon de savoir également que ramasser les fruits les plus bas est vivement déconseillé car ils sont à la portée des animaux des champs qui y ont peut-être marqué leur territoire et qui peuvent être vecteurs de maladies.
Une fois bien rincés et égouttés, les fruits passent ensuite à la centrifugeuse pour en extraire tout le jus. Terminée la corvée du presse purée et des centaines de tour de manivelle pour récupérer le précieux nectar. ...
Pour un amateur qui souhaite en apprendre plus sur ce formidable métier, qui a envie de découvrir comment sont récoltées les céréales qu'il retrouve plus tard sur sa table, aussi et surtout l'amoureux de ces immenses engins agricoles, aux dimensions hors normes, bijoux de technologie... il ne m'a pas fallu longtemps pour répondre favorablement à l'invitation de Damien, en pleine moisson de colza.
La cabine, véritable poste de pilotage avec une technologie embarquée impressionnante, même plus besoin de conduire, le guidage est effectué par GPS pour le suivi de rang... Cette cabine est même équipée d'un siège passager, quel confort.
Photo catalogue John DEERE.
Le colza est présent sur la quasi-totalité du territoire français, sa culture présente bien des atouts. Riches en huile et en protéines végétales, ses graines font l’objet d’utilisations très diverses : alimentation pour les hommes comme pour les animaux, chimie végétale et source d'énergie renouvelable.
Une baie vitrée située derrière la cabine de pilotage, permet un contrôle visuel de remplissage de la trémie, même si une alarme sonore prévient l'opérateur qu'il est temps de vider son chargement de grains.
La trémie de la moissonneuse batteuse est capable de stocker 14 500 litres de grains afin d'éviter de nombreux va et vient dans le champ pour le tracteur et sa remorque.
Trémie en cours de remplissage puis vide.
La batteuse est équipée d'un correcteur de dévers bien utile lorsque la machine travaille sur des terres en pente.
Sur son écran de contrôle, une cartographie indique en temps réel le rendement dans la parcelle travaillée ainsi que le taux d'humidité de la récolte.
et c'est reparti pour quelques heures de travail ce soir encore !
Pendant ce temps, près de la maison, Adrien presse la paille. Son entreprise "Le Petit Ballot" est spécialisée dans la production de fourrage en petits ballots, (paille, foin, luzerne) principalement dans le domaine de l'isolation en construction paille mais également pour l'alimentation animale.
La moisson 2022 a bien débuté avec 15 jours d'avance dans notre secteur. Terminée pour certains et bien avancée pour d'autres.
Un clic sur la photo pour agrandir le panoramique !
Il m'a fallu l'occasion de récupérer notre petit fils Noam, au collège de Vermand ce mercredi midi pour apercevoir à la sortie du bourg, en direction de Saint Quentin, un magnifique champ de coquelicots au fond d'un vallon.
Pour photographier des fleurs en Avril et Mai, la grande tendance dans la région ce sont les champs de colza en fleur. Un jaune éclatant embrase la campagne pour le peu qu'un rayon de soleil illumine la journée.
Le bleu étant réservé aux champs de lin, qui cette année souffre terriblement du manque d'eau, quant au rouge... la chose n'est pas si aisée à trouver par chez nous, surtout en aussi grande quantité.
Le coquelicot est une plante messicole qui pousse dans les céréales. Autrefois, les paysans voyaient "rouge" lorsque les coquelicots accompagnaient les champs de blé. Les coquelicots n’ont pas toujours été les bienvenus dans un champ de blé. Non pas qu’ils réduisaient les rendements mais ils annonçaient l’arrivée de la concurrence au grand détriment des futures récoltes. Le travail des paysans était harassant lorsqu’ils s’attaquaient à un champ sali par les adventices en concurrence avec les céréales.
Pour le non initié que je suis:
messicole: Le mot Messicole vient du latin messio qui signifie "moisson" et lorsqu'on parle de plantes messicoles, il s'agit de plantes annuelles ou parfois vivaces qui poussent dans les champs de céréales (blé, orge, seigle...) où leurs graines germent souvent à l'automne ou en hiver pour s'épanouir pleinement avant ou au moment des moissons. En fait, elles résistent au travail du sol, restent en terre, et germent ensuite.
Elles sont souvent issues du Moyen-Orient comme les céréales dans lesquelles elles se développent, et ont longtemps été considérées comme des "mauvaises herbes" par l'agriculture intensive céréalière.
Les plus connues des plantes messicoles sont le coquelicot, le bleuet des champ; la nielle des blés, la matricaire etc. (source Jardiner Binette et Jardin)
Une mer de coquelicots qui ondulent sous le vent.
Alors, si vous voulez partager avec amis, famille la beauté des coquelicots, il va falloir vous rendre dans le Vermandois à 10 km de Saint-Quentin sur la D1029.