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Du gel au soleil brûlant : la longue route de mes tomates. 

Publié le par Bruno

Du gel au soleil brûlant : la longue route de mes tomates. 
Du gel au soleil brûlant : la longue route de mes tomates. 

Dans bien des jardins, la saison a tourné court. Pourtant repiquées en pleine terre après les Saints de Glace (les 11, 12, 13 mai dernier) un gel tardif, sec et brutal, a frappé d'un froid vif prenant de court plus d'un jardinier... Les jeunes plants de tomates, encore fragiles, ont accusé le coup : feuilles noircies, tiges flétries.

Je les croyais condamnées, victimes d’un printemps capricieux qui ne pardonne pas.

Puis l’été a basculé dans l’excès. Cinq canicules successives, un enchaînement inédit, ont transformé les potagers en laboratoires de survie. Le thermomètre a grimpé, encore et encore, jusqu’à brûler les légumes.

Chaque jour, il me fallait intervenir, arroser au bon moment, tendre une toile à la hâte pour protéger le jardin du soleil, l’arrimer aux cordes à linge au-dessus des jeunes plants de batavia fraîchement repiquées, surveiller la moindre faiblesse. J’aurai voulu alors installer une immense ombrière au‑dessus du jardin : une utopie. J’avais imaginé les poteaux, des câbles, la toile tendue comme une voile. Puis j’ai compris que ce n’était pas seulement une construction, mais un rêve de fraîcheur difficilement réalisable compte tenu de la surface à ombrager...

Les tomates, elles, ont continué leur combat silencieux, racines ancrées, feuilles serrées, obstinées. Certaines ont été brûlées, pendant que d’autres peinaient à mûrir à cause d’une température excessive. Au‑dessus d’un certain seuil de chaleur, les tomates basculent "en mode survie" le mûrissement se bloque : le fruit reste vert, figé dans une attente impossible, comme suspendu entre deux saisons.

Alors les plants se sont mis à vivre dans une sorte de paradoxe : trop de soleil pour mûrir, trop de chaleur pour grandir, trop de lumière pour devenir rouges. Ils ont continué malgré tout, obstinés, cherchant dans chaque nuit un peu de répit, dans chaque goutte d’eau un peu de force.

Du gel au soleil brûlant : la longue route de mes tomates. 
Du gel au soleil brûlant : la longue route de mes tomates. 
Du gel au soleil brûlant : la longue route de mes tomates. 

Et pourtant, elles sont là. Rouges, charnues, parfumées. Des fruits qui racontent une histoire de résistance, de patience, de chance aussi. Les cueillir aujourd’hui relève presque de l’événement : un petit miracle horticole dans une saison qui n’a rien épargné.

Les déguster est un vrai bonheur. On y mesure le chemin parcouru depuis la plantation, chaque bouchée est une petite revanche du vivant sur les caprices du climat, même si elle n’a pas été facile. Elles reviennent de loin, et c’est précisément ce qui les rend aussi exceptionnelles.

La récolte du jour .
La récolte du jour .

La récolte du jour .

Publié dans Côté jardin éco, Photos

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Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.

Publié le par Bruno

Les bernaches: des voisines fidèles entre Somme et étangs.

Depuis quelques jours, un rituel aérien anime le champ déchaumé derrière la maison. Matin et soir, on entend leur cri grave, un peu trompeté qui résonne au-dessus des toits, des bernaches du Canada passent en formation, venant des étangs de Fonsomme pour rejoindre ceux du château dans le village. Leur trajectoire semble désormais bien établie, comme si elles avaient adopté notre coin de campagne en guise de territoire.

Photos d'archives 2021 et courte vidéo de passage (à visionner en HD)
Photos d'archives 2021 et courte vidéo de passage (à visionner en HD)
Photos d'archives 2021 et courte vidéo de passage (à visionner en HD)
Photos d'archives 2021 et courte vidéo de passage (à visionner en HD)
Photos d'archives 2021 et courte vidéo de passage (à visionner en HD)

Photos d'archives 2021 et courte vidéo de passage (à visionner en HD)

Le champ déchaumé leur offre le couvert grâce au blé tombé lors de la moisson et un abri dans les chaumes restés en place. Juste à côté, la Somme leur apporte l’eau fraîche où ils peuvent se baigner, lisser leurs plumes et retrouver un peu de fraîcheur mais pour combien de temps encore? 

La répétition des canicules depuis mai dernier met inexorablement à sec tous ces points d’eau. Pour l’instant, la situation n’est pas encore dramatique, mais il ne faudrait pas que cela se prolonge trop longtemps avant que la catastrophe ne s’installe.

Entre les étangs de Fonsomme et ceux du château, elles bénéficient encore d’un véritable corridor naturel : un triangle parfait entre nourriture, tranquillité et eau.

Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.

Au printemps déjà, j'avais eu l’occasion de photographier de nombreux oisons derrière le château, en bord de Somme. Une petite troupe de duvet blond-gris, trottinant maladroitement derrière les adultes, preuve éclatante que les bernaches ne font pas que passer : elles nichent, élèvent leurs petits, et reviennent année après année.

Voir des oisons est un signe fort : cela signifie que les bernaches considèrent le secteur comme un habitat sûr, propice à la reproduction. Leur fidélité au lieu n’est donc pas un hasard.

Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.

La bernache du Canada est un oiseau magnifique, puissant et élégant. Son plumage brun chocolat contraste avec sa poitrine claire, presque crème. Sa tête noire est ornée d'une tache blanche sur les joues, un masque distinctif qui la rend immédiatement reconnaissable. Son long cou noir lui donne une allure noble, presque majestueuse.

En vol, les ailes battent avec régularité et leurs silhouettes forment un V impeccable, symbole de coordination.   

Au sol, elle avance d’un pas tranquille, presque cérémonial. Elle picore, surveille, communique par de petits grognements ou des appels plus sonores. En groupe, elles forment une société organisée, où chaque individu semble savoir exactement ce qu’il doit faire.

Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.

Le champ derrière la maison, habituellement silencieux, se métamorphose en scène vivante. Les chaumes dorés deviennent un tapis où les bernaches se reposent, se nourrissent, se regroupent. Leur présence apporte une touche de nature sauvage.

On se surprend à les attendre, à écouter leur passage du matin, à guetter leur retour du soir. Elles sont devenues des voisines, des repères sonores et visuels dans le paysage.

Tout semble l’indiquer que la douceur des hivers, la proximité de l’eau, l’abondance de nourriture, et surtout la présence d’oisons au printemps. Peut-être ont-elles simplement décidé que ce coin de Somme leur convenait mieux que les longs voyages migratoires.

Une interrogation qui ajoute encore un peu de poésie à leur présence.

Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.

Au lever du jour, un faon était couché au soleil dans le dérayage du champ, tout près de la maison. Il profitait encore de la fraîcheur avant que la chaleur caniculaire ne prenne le dessus. La nature offre des scènes splendides.

Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
Bernaches en résidence entre Fonsomme et le château de Remaucourt.
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Assomption à l’oratoire de la Vierge des Pauvres : une célébration rare et solennelle.

Publié le par Bruno

Moment de prière et de recueillement autour de notre curé André Lubende Mutuale célébrant, dans le cadre verdoyant de Remaucourt.

Moment de prière et de recueillement autour de notre curé André Lubende Mutuale célébrant, dans le cadre verdoyant de Remaucourt.

Ce 15 août, la communauté chrétienne de notre paroisse s’est rassemblée à l’oratoire de la Vierge des Pauvres pour célébrer la messe de l'Assomption, l’une des deux seules célébrations annuelles organisées en ce lieu. En effet, l’oratoire n’accueille que deux messes par an:

le 15 août, pour l'Assomption et courant Mai, pour le mois de Marie, dédié à la prière mariale.

Cette rareté donne à chaque rassemblement une dimension particulière soulignant l’importance de ces deux célébrations annuelles pour la communauté locale.

Malgré quelques gouttes tombées au début de l’installation, la messe en plein air s’est déroulée dans une atmosphère de recueillement profond. Les fidèles, installés autour de l’oratoire, ont vécu un moment de prière simple et intense, porté par les chants et la beauté du cadre naturel. Les photos prises durant la célébration témoignent de cette solennité, gestes liturgiques, lumière douce filtrant entre les arbres.

Assomption à l’oratoire de la Vierge des Pauvres : une célébration rare et solennelle.
Assomption à l’oratoire de la Vierge des Pauvres : une célébration rare et solennelle.
Assomption à l’oratoire de la Vierge des Pauvres : une célébration rare et solennelle.
Assomption à l’oratoire de la Vierge des Pauvres : une célébration rare et solennelle.
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Notre confiture de mûres, un rituel qui défie la canicule.

Publié le par Bruno

Étiquette 2026

Étiquette 2026

On pourrait nous dire, que ce n’est vraiment pas le moment pour cuire des marmites de confiture, canicule oblige. Mais quand les mûres arrivent, gorgées de soleil, nous n'avons jamais su résister. Tôt le matin, à la fraîche et ventilo en marche, voilà le meilleur moment de la journée pour travailler devant "les fourneaux"...Et puis il suffit de goûter une cuillère de notre confiture maison, puis une cuillère de confiture industrielle, pour comprendre : c’est le jour et la nuit, le sucre et le sel. Nos confitures ont ce quelque chose d’exceptionnel qui nous ramène chaque été devant la marmite en cuivre...

Cette année encore, les fruits sont précoces, noirs, brillants, généreux. Deux grands bacs de fruits lavés, égouttés dans la cuisine, promesse d’une préparation qui embaumerait bientôt toute la maison.

Notre confiture de mûres, un rituel qui défie la canicule.

Un travail de patience.

Avant de savourer la moindre tartine, il y a le travail. Le vrai. Celui qui ne se voit pas mais qui fait toute la différence. Le pressage des fruits, fastidieux, répétitif, presque méditatif. Mon presse‑purée manuel, grille fine, ne laisse passer que le jus, la pulpe du fruit.

Je tourne, je presse, je recommence. Le jus coule lentement, sombre et brillant comme un rubis. Sans pépin, sans grain, avec une texture douce et encore plus fondante sur une tranche de pain. Et demain, cette même confiture pourra sublimer un simple yaourt nature. On adore le parfum des mûres. Leur goût intense, légèrement acidulé, est parfait pour une confiture maison. Mais leurs pépins… c’est une autre histoire.

Cela fait plus de cinquante ans que je fais ce geste. Un demi‑siècle de mûres, de seaux, de doigts tâchés, de confitures alignées sur les étagères. Un savoir-faire qui s’est construit au fil des étés, sans jamais perdre son charme.

Notre confiture de mûres, un rituel qui défie la canicule.
Notre confiture de mûres, un rituel qui défie la canicule.
Notre confiture de mûres, un rituel qui défie la canicule.

Notre madeleine de Proust.

Le meilleur moment reste la mise en pot. La cuisine se remplit d’une odeur douce, enveloppante, qui nous ramène instantanément à notre enfance. Je revois le bois de Fresnoy, les frangins, les ronces, les mains noires de jus, nos rires, le pot à lait en alu, rempli de mûres, vidé au fur et à mesure dans un grand seau. Nous étions gamins, libres, heureux, et les mûres étaient notre trésor. Une occupation simple, saine, quand les vacances ne nous emmenaient pas ailleurs et qu'il fallait occuper nos journées. Les enfants bougeaient, vivaient, et l’enfance n’était pas encore prisonnière des smartphones.

Aujourd’hui, cette odeur est devenue ma madeleine de Proust, partagée avec Marie. Un rituel à deux, un moment suspendu qui n’a rien perdu de sa magie au fil des années.

Pas moins de 5 bassines réalisées.

Pas moins de 5 bassines réalisées.

Le goût incomparable du fait maison.

Je le dis sans détour : goûter notre confiture, c’est goûter une histoire. Une cuillère de confiture industrielle ne peut rivaliser. Dans ma préparation, il y a le fruit, bien sûr, mais aussi la patience, la chaleur de la cuisine, les souvenirs, les étés passés, les gestes répétés, nos quatre mains qui travaillent avec ardeur.

Notre confiture de mûres n’est pas seulement une gourmandise. C’est un héritage. Un fil qui relie notre enfance à nos étés d’aujourd’hui, pot après pot, année après année.

Notre confiture de mûres, un rituel qui défie la canicule.

Pour l'anecdote: Laver les fruits, nettoyer les grandes bassines de confiture après chaque cuisson, le matériel etc, on réalise soudain qu'il faut une belle quantité d’eau (aucun liquide vaisselle).

Alors, rien n’est gaspillé, toute l’eau de rinçage est récupérée dans une grande bassine, puis réservée pour arroser le soir. Rien ne se perd : l'eau repart nourrir salades et tomates du jardin.

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Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.

Publié le par Bruno

Inspection matinale du fossé anti-coulée: un contrôle régulier devenu essentiel depuis 2028.

Depuis la coulée de boue du 11 septembre 2008, un épisode violent qui avait envahi une partie du village et causé d’importants dégâts, la municipalité a instauré une vigilance annuelle autour du champ d’où était parti le torrent de terre, un événement encore très présent dans la mémoire des riverains.

Pour éviter qu’un tel événement ne se reproduise, des travaux d’hydraulique douce ont été entrepris l'année suivante. Le champ a été remodelé à l'aide d'un bulldozer créant une succession d'ondulations pour ralentir le flux et sur sa partie déclive, un large fossé creusé dans la craie sert désormais de zone tampon : il absorbe l’excès d’eau avant qu’il ne puisse dévaler vers les rues du village. Un aménagement simple, mais efficace, qui repose sur une idée claire : ralentir, infiltrer, et protéger.

Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.
Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.

Tous les ans, la commune procède à un contrôle de ce fossé une fois les récoltes terminées. L’objectif est de vérifier son état, repérer d’éventuels dépôts, et décider si un curage doit être programmé. Une routine indispensable pour maintenir la sécurité du village, surtout lors des épisodes pluvieux de plus en plus imprévisibles et pouvant être violents, malgré la sécheresse chronique qui nous touche actuellement.

Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.
Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.

Ce matin, l’inspection prend un air plus léger : c’est l’occasion d’emmener Pixelle, ravie de courir librement dans le champ fraîchement déchaumé après la moisson. Tandis qu'elle explore les sillons, elle flaire les traces de lapins de garenne, nez au sol, concentrée comme une pisteuse. Puis, soudain, un chevreuil surgit entre deux rangs de chaume. Pixelle s’élance, portée par l’instinct et la joie pure de courir. La scène reste sans danger pour le chevreuil, vif et bondissant, garde toujours plusieurs longueurs d’avance, laissant derrière lui une simple traînée d’odeur et un doberman ravi de l’aventure.
 

Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.
Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.
Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.
Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.

Pendant que Pixelle poursuit ses escapades, Marie et moi nous concentrons sur l’essentiel : l’état du fossé creusé dans la craie, sa capacité d’infiltration, les dépôts éventuels, et la nécessité ou non d’un curage. Un rituel devenu indispensable pour protéger le village des ruissellements violents.

Entre vigilance et rigueur, cette visite rappelle que la protection du village est une affaire de constance, de mémoire et de gestes simples répétés année après année. Un rituel discret, mais essentiel, qui mêle prévention, nature, et un moment de liberté pour Pixelle dans notre superbe cadre de vie.

Contrôle du fossé et joie de courir pour Pixelle.
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