Sécheresse, canicules et récoltes fragiles : le quotidien compliqué du jardinier.
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À Remaucourt comme dans tout le pays, l’été 2026 s’annonce comme l’un des plus difficiles pour les jardiniers. À la veille d’une quatrième canicule consécutive, mes réserves d’eau sont déjà toutes à sec, les sols craquelés, et les cultures sous tension. Une situation qui, loin d’être exceptionnelle, semble désormais s’installer durablement.
Depuis le mois de mai, la chaleur parfois extrême a frappé de manière inhabituelle.
Malgré un paillage systématique avec les tontes de gazon (rien ne se perd) au pied des légumes, la terre n’a pas réussi à conserver l’humidité. Les plantes ont souffert d'un manque d'eau chronique malgré les arrosages, aggravé par souvent un fort vent et des températures qui brûlent littéralement les feuilles et les fruits. Les salades et les tomates, en particulier, ont été touchées. Les fleurs de tomates tombent, complètement séchées, un moyen pour le pied de se préserver en limitant son développement.
Pour sauver ce qui pouvait encore l’être, il a fallu arroser intensément, presque quotidiennement. Un effort qui a permis de préserver une partie de la récolte, les pommes de terre Monalisa, les tomates et les courgettes ont résisté, mais au prix d’une consommation d’eau qui n’est plus tenable. Et pourtant, nous ne sommes pas encore fin juillet...
Tomates cerises ou devrais-je dire tomates petit pois. On ne peut pas faire plus petit !
Elles en ont consommé de l'eau les courgettes !
Autour du jardin, le constat est le même : pelouses grillées, massifs affaiblis, plantes ornementales en souffrance sauf les lavandes, pas besoin d'eau et la chaleur ne leur fait pas peur. Le jardin a pris l’apparence d’un paysage de fin d'été caniculaire.
Face à cette situation, beaucoup envisagent désormais des solutions autrefois réservées aux professionnels : installer des ombrières sur l’ensemble du jardin pour protéger les cultures des rayons directs du soleil. Une idée qui, il y a quelques années, aurait semblé excessive, mais qui devient aujourd’hui une piste sérieuse pour continuer à jardiner.
Ombrière de fortune installée sur un potager luxurant au Bénin. (Photo: Humy organisation caricative en Afrique)
Cette crise du jardin se reflète aussi sur les étals des commerçants. Les fruits et légumes sont de plus en plus chers, conséquence directe des pertes maraichères, des restrictions d’eau et des récoltes affaiblies. Et malgré ces prix en hausse, la qualité baisse avec des tomates farineuses sans goût, des courgettes molles, des fruits cueillis trop tôt pour éviter les brûlures... Les consommateurs que nous sommes, paient davantage pour des produits qui ont eux aussi subi la violence du climat.
Une certitude demeure : la terre change, et ceux qui la cultivent doivent désormais composer avec un climat qui ne laisse plus de répit. L'été 2026 apparaît comme un signal d'alarme. Une année compliquée, qui risque de se reproduire régulièrement avec le réchauffement climatique. Il nous faudra repenser nos pratiques, adapter les cultures, et peut-être réinventer entièrement notre manière de jardiner.
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