Entre éthique et efficacité : mon dilemme face aux pucerons dans le jardin.

Publié le par Bruno

Jardinier dans l’âme, je cultive depuis des années le même amour pour la terre que mon père et mes grands-pères avant moi. Entre les souvenirs d’enfance passés à observer leurs gestes patients et les saisons qui passent, j’ai trouvé dans mon potager un havre de persévérance et d’humilité. Pourtant, ces dernières années, les défis se sont multipliés : météo capricieuse, ravageurs plus nombreux (lapins de garenne, pigeons ramiers, mulots ...) Il faut s’adapter, réapprendre, expérimenter. Mais cette année, "la coupe est pleine" ma volonté d'agir de manière écoresponsable, et cette promesse du bio qui semblait idéale ... jusqu'à ce qu'une invasion de pucerons débarquent sur les légumes et arbres fruitiers. 

J'ai tout essayé. Produits maison, purin d'orties, huiles essentielles, savon noir etc, enfin je me suis tourné vers les produits phyto bio du commerce achetés en jardinerie ou aux rayons spécialisés de grandes surfaces.

Résultats ? une addition salée et des pucerons toujours fringants. 

Cela pose le problème de l'efficacité réelle de ces solutions...

"Quand le bio fait pschitt: chronique d'un jardin envahi"

"Quand le bio fait pschitt: chronique d'un jardin envahi"

Ces produits "verts" vendus en grandes surfaces ou jardineries sont souvent bardés de labels rassurants, sans danger pour les abeilles, sans résidus chimiques, respectueux de l'environnement. Très bien sur le papier, mais dans la réalité, les formulations sont souvent si diluées ou générales qu'elles en deviennent quasi décoratives.  

Les tomates étaient pourtant bien parties !
Les tomates étaient pourtant bien parties !
Les tomates étaient pourtant bien parties !
Les tomates étaient pourtant bien parties !

Les tomates étaient pourtant bien parties !

Un ami agriculteur m’a lancé un jour : “Pour soigner une infection, il te faut des antibiotiques, pas de la tisane. Il en va de même pour tes légumes.”

Cette phrase m’est restée. Elle bouscule mes habitudes, mes idéaux en matière de jardinage. Moi qui ai toujours voulu cultiver mon potager au plus proche du vivant, respecter les cycles, écouter la terre… je me vois contraint à trouver un équilibre entre soin naturel et efficacité. Est-ce renier ce que m’ont transmis père et grands-pères ? Ou simplement faire face à une réalité nouvelle, plus rude ? 

Il y a dans chaque décision que je prends au jardin une lutte silencieuse entre deux visions.

D’un côté, le soin naturel, inspiré des anciens, de la lune et des orties en macération, une approche lente, respectueuse, faite d’observation et de patience.

De l’autre, la tentation de l’efficacité moderne : les traitements ciblés, les engrais dosés, les solutions "testées et approuvées". Je voudrais croire que l’on peut encore cultiver sans brutalité, que la nature se suffit à elle-même si on lui laisse le temps. Mais quand les limaces dévorent en une nuit ce que j’ai mis des semaines à faire pousser, que reste-t-il de cette foi douce et obstinée ?

Est-ce trahir mes principes que de chercher à sauver ma récolte ? 

Entre éthique et efficacité : mon dilemme face aux pucerons dans le jardin.
Entre éthique et efficacité : mon dilemme face aux pucerons dans le jardin.
Entre éthique et efficacité : mon dilemme face aux pucerons dans le jardin.
Entre éthique et efficacité : mon dilemme face aux pucerons dans le jardin.

Ce matin, Christian, un ami jardinier Saint-Quentinois me disait au téléphone, "qu'il jetait l'éponge" l'année prochaine. Trop d'aléas climatiques, graines plants et semis sont aujourd'hui vendus à des prix prohibitifs, plus de solution phytosanitaire efficace en cas d'invasion ou maladie, il faut vraiment la foi pour continuer de cultiver son lopin de terre. 

Publié dans Côté jardin éco, Nature

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N
Tellement réaliste ton article 🤔. Au plaisir, Bruno 👋
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B
1016 visites en 24h sur le blog ce jour là, il faut croire que le sujet ne laisse pas indifférent.... 😉
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